Ce que j’aurai appris en une année, ou pourquoi je dois te dire merci, ma belle amie ;

Le 10 septembre, c’était la Journée mondiale de la prévention du suicide. Bien entendu, j’ai eu une pensée pour toi, ma belle amie. Depuis un mois, je réfléchis à la vie. À la tienne, à la mienne, à celle de chacune des personnes qui me sont chères. Depuis quelques jours, j’y pense encore plus. Voilà maintenant un an que tu nous as quittés. Une année. Déjà. Une année atroce. Une année salvatrice. Une année importante que j’ai eu besoin de boucler ici.

Quelque part entre le début et la fin, il y a le vide

On est en octobre 2015. Tu es essoufflée et t’éteins un jeudi soir. Lorsque j’ai su, j’ai eu l’impression de tomber dans le vide. Je n’y croyais pas. Je ne comprenais pas comment une femme aussi fantastique que toi pouvait en arriver là. Je n’arrivait pas à m’imaginer toute la souffrance que tu avais dissimulée. J’ai figé, j’ai pleuré, je me suis vidée. Pendant plusieurs jours, la seule chose qui me venait en tête, quand je parlais de toi, c’était cela :

Ça aurait pu être moi.

Pas que je pensais à… Pas que j’avais envie de… Mais simplement parce que, dans ma tête, on était un peu pareilles. Je n’étais pas toi, tu n’étais pas moi, on ne pouvait vivre les mêmes choses, je le savais. Mais tout de même, il y avait cette connexion. On avait le même âge, on avait les mêmes questionnements. Tu aimais quand je parlais des «vraies affaires» sur mon blogue. Je t’admirais parce que tu semblais avoir ta vie en mains. Et j’avais l’impression qu’elle me glissait entre les doigts, la mienne de vie.

Quand on fait face à la mort, beaucoup de questions surviennent. Et on analyse chaque particule de notre existence.

L’année de l’application, autrement

En janvier dernier, j’ai décidé que 2016 serait l’année de l’application. Je voulais écrire. Je voulais publier des centaines de billets de blogue et partager quotidiennement au sujet de la réalité sans filtre avec tous les Jeunes adultes responsables et Les inspirés. Je voulais faire grandir la communauté.

C’est plutôt le contraire qui est arrivé. J’ai l’impression de ne pas avoir été assez présente, assez assidue, assez efficace. Au travail, sur le blogue, chez Les inspirés, au bateau-dragon, auprès de mes amis et de ma famille.

J’ai pensé que je serais assez forte, quand j’ai appris ton départ. J’ai éclaté 3 mois plus tard. Je suis allée chercher de l’aide. Le début de l’aventure de la thérapie cognitivo-comportementale et un arrêt de travail 6 mois plus tard. Ça m’aura permis de comprendre comment je vivais mes émotions, de désamorcer mes schèmes de pensée. Ça m’aura permis d’être bien avec qui j’étais, et de découvrir ce que j’avais. D’utiliser les bons outils pour enfin retirer ce filtre qui brouillait mon esprit quelques jours par mois depuis les 6 dernières années (mais aussi pas mal toute ma vie).

Si je n’avais pas éclaté, si je n’étais pas allée chercher de l’aide, si je n’avais pas arrêté… qui sait ce qui serait arrivé. Puis j’ai réalisé récemment: Cette année d’application, je ne l’ai pas passée sur mes projets, mais sur moi. Et ça aura été la plus belle chose qui me soit arrivée. Aujourd’hui, je me sens complète. Et je suis bien.

Sois douce avec toi-même, c’est la meilleure façon de vivre

Ma belle amie, c’est la chose la plus injuste, que tu ne sois plus avec nous. Tu nous manques. Et tu es dans nos coeurs et dans nos têtes, là où tu dois être. Tu as toujours une place dans mes pensées. Et elles sont belles et paisibles, maintenant.

Parce que grâce à tout cela,  je suis devenue plus forte. J’ai goûté au bonheur de voir tout le beau qui brille dans ses propres yeux. J’ai compris l’importance de se donner de la latitude, de planifier et de laisser l’espace pour improviser. Pour rire, respirer, lire, discuter, écouter, s’exprimer et grandir. Pour briller, avec des gens qui nous font briller. Pour se laisser porter et transporter par le vent. Pour prendre le temps d’admirer son paysage et réaliser qu’on est bien entouré.

Grâce à toi

Ma belle amie, l’an dernier, je voulais que ce texte en ta mémoire résonne dans les coeurs du monde entier. Je voulais sentir que tu n’étais pas partie pour rien. Je me disais qu’ainsi, il y aurait une trace de toi. Une trace qui parlerait aux gens et qui sauverait peut-être quelques vies.

Ma belle amie, jamais je n’aurais pensé que, dans toutes ces vies, il y aurait la mienne. Et pour ça, je dois te dire merci.

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2 réflexions sur “Ce que j’aurai appris en une année, ou pourquoi je dois te dire merci, ma belle amie ;

  1. C’est notre belle Valerie qui m’a parlé de ton blogue. J’ai tout de suite compris pourquoi elle aimait ta plume. Tu écris très bien et ton texte en l’honneur de cette si belle personne et très réussi! Bravo!

    Aimé par 1 personne

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