Apprivoiser son SPM et se lier d’amitié avec ses hormones

Y’a rien de nouveau. Hier, d’atroces boutons ont poussé en plein milieu du front et sous le nez. L’insomnie est revenue, le mal de dos aussi. Aujourd’hui la concentration n’était pas au rendez-vous, et l’irritation l’était un peu trop. T’avais l’impression de ne rien comprendre et que PERSONNE ne te comprenait. Ton repas santé équilibré, tu l’as mangé, mais tu as encore faim pour une poutine format familial, extra soucisses. T’as mal au corps, t’es balounée, ankylosée et fatiguée, mais en même temps t’irais courir 10 km et varger à grands coups de genoux dans un punching bag. T’es incapable de prendre une décision pour quoi que ce soit, pis tu cherches tes mots parce que le cerveau spinne plus vite que son ombre. T’es pas toute là. Et t’es surtout pas toi-même. Quand quatre petits carrés de chocolats réussissent à solver tous les problèmes de l’humanité qui survenaient 15 minutes plus tôt, ne cherche pas. C’est encore cette période du mois. #alloSPM‬ ‪#‎fuckToute‬

Je dois mettre en contexte. Bon, peut-être pas, mais j’aime ça, moi, mettre en contexte. Depuis janvier, je suis une thérapie cognitivo-comportementale. Si tu sais pas c’est quoi (je vais t’en parler bientôt), je t’invite à lire ce magnifique texte qu’une adorable et inspirante amie a écrit. Cette thérapie, c’est un peu une des raisons pour lesquelles je me fais plus discrète sur le blogue depuis un moment : j’ai le cerveau en ébullition. Tout le temps. J’analyse la moindre pensée et chacune de mes émotions. J’ai aussi remarqué que mon SPM est abusivement plus fort depuis. J’ai l’impression de vivre tout plus intensément. Pis ça me fatigue. La semaine dernière, j’en ai discuté pendant une heure avec ma psy. Ça a complètement changé ma perception. Voilà un moment que je voulais faire un billet loufoque sur le maudit SPM. Alors j’ai pris le temps d’écrire, pour vous en parler de façon intelligente. Ben… presque.

Tous les mois, Dame Nature vient nous rendre visite. On a beau le savoir, on ne s’habitue pas vraiment. Je sais pas pour vous, mais chaque fois, les hormones se font un méchant open house dans ma tête. «On sait ben, toi, ton SPM pis tes hormones! C’est ben juste une excuse! C’est toute dans ta tête!» Oui. Pis non.

Trois petites lettres, une solution facile

Un des avantages d’être une fille, c’est qu’on peut mettre la faute de pas mal n’importe quoi sur nos hormones. En blague, ça va. Mais à force d’en abuser, ces trois petites lettres ne veulent plus rien dire et ne sont plus prises au sérieux. Perso, avec le temps, mon SPM est rapidement devenu un mécanisme de défense. Dès que j’étais un peu marabout, le «S’cuse, je suis SPM» sortait.

Mais le contraire est aussi vrai. Que celui (ou celle) qui n’a jamais dit «Coudonc, est ben bête! Elle doit être SPM!» jette la première pierre!

On jette le blâme sur un concept flou-mou qu’on ne comprend pas nécessairement et qui a perdu son véritable sens. Ça veut dire quoi, au juste, «c’est la faute des hormones»?

C’est toute dans ta tête (et ça existe pour vrai)

Oui, c’est vraiment dans ta tête, que ça se passe! C’est une histoire d’hormones et de neurotransmetteurs. Pas de folie ou de faiblesse. (Bon. Là, comprends que je ne suis pas médecin et que j’essaie de te vulgariser la chose du mieux de mes connaissances!)

Commençons pas la base. Le SPM, c’est le syndrome prémenstruel. (Ça, c’est le moment poche qui arrive avant l’autre moment poche; tes règles. C’est ton corps qui te punie parce que tu n’as pas fait ta job de femme : celle d’enfanter. Ok, ça, c’est une joke.) Durant cette période, qui varie entre 4 à 7 jours avant les règles, on dénote une fluctuation des hormones : baisse d’oestrogène et augmentation de la progestérone. Ces changements dans le corps sont perçus par le cerveau (y’est wise, hein?) et ceci peut amener, à son tour, une fluctuation des neurotransmetteurs, dont la sérotonine. La sérotonine fait ben des affaires. Mais, entre autres, c’est elle qui est liée à tout ce qui a trait aux troubles dépressifs et anxieux.

En gros, pendant environ 1 semaine, tes hormones sont en vacances à la Ronde pis tripent ben gros dans le Monstre. Ton cerveau, lui est pogné dans le Boomerang, pis ça fait en sorte que Séro n’est pas maître d’elle-même. Au moment où elle pense se pitcher dans le vide, elle doit rebrousser chemin. Pis c’est ça qui te donne l’impression que t’es grosse, que t’es laide, que ton chum va te laisser parce que tu as pleuré pour rien et que tu vas perdre ta job parce que tu as oublié une virgule dans un communiqué de presse.

À chacune son symptôme

L’histoire, c’est que chaque femme vit la chose différement.

Ça touche ton corps. T’en peux juste pu de te supporter le body. Tu te trouves grosse pis molle. Un massage de 4 heures serait de mise, qu’on te marche sur le corps s’il le faut!

  1. Ballonnements
  2. Bouffées de chaleur
  3. Constipation ou la diarrhée (oui oui, on parle aussi de caca)
  4. Insomnie
  5. Étourdissements
  6. Fatigue intense, manque d’énergie
  7. Gain de poids
  8. Les seins qui gonflent (yay!)
  9. Mais les bouttes qui font mal (touche-moé pas!)
  10. Maux de dos, de tête
  11. Nausées et des vomissements
  12. Perturbations de l’appétit (des chips BBQ dans le yogourt aux fraises, c’est bon en ta’)
  13. Problèmes de peau (ZE bouton)

Ça touche ton humeur. Tu lancerais des couteaux à ta voisine de bureau qui scroll un document de 56 pages avec la petite roulette de sa souris. Tu voudrais répondre au téléphone de ton voisin qui sonne depuis 3 minutes sans arrêt en criant: «Man, y’est pas là! Laisse UN MESSAAAAGE! Sérieux, le monde, tu gosses! Pourquoi tu gosses autant?! Pourquoi personne ne comprend? Bouhouhou. Je suis seule au monde. Y’a juste la crème glacée qui me comprend, dans fond.»

  1. Agitation
  2. Colère
  3. Dépression
  4. Nervosité
  5. Irritabilité
  6. Sautes d’humeur
  7. Tristesse, désespoir, abattement (juste du gros fun noir!)

Ça te picosse dans le cerveau. Tu ne te reconnais pas. Tu ne comprends plus ce que tu fais.

  1. Confusion (c’est pas le moment de gérer un gros dossier)
  2. Difficulté à se concentrer (ton niveau d’attention est aussi long que la mémoire d’un poisson rouge)
  3. Perte de mémoire (ton niveau d’attention est aussi long que la mémoire d’un poisson rouge)

Pour celles qui en redemanderaient, sachez qu’il existe aussi le trouble dysphorique prémenstruel (TDP). En gros c’est comm un SPM ++, mélangé à de la dépression. Bref, tu te sens comme de la marde, pis c’est l’enfer sur Terre.

S’armer de munitions

Il faut savoir contrer l’attaque. Mais il faut surtout faire preuve d’indulgence envers soi-même.

  • Méditer, respirer,
  • Prendre ça mollo, remettre les grosses décisions à plus tard («Bouquet de mimosa» ou «Miel de trèfle» pour la chambre du bébé?)
  • Faire du sport
  • Bien manger (moins de sucre, moins sel, moins de café)
  • Se gâter quand même (je sais, je viens de dire le contraire, mais t’sais, t’as le droit au bonheur)
  • Le millepertuis et les oméga-3
  • Les médicaments

Oui, c’est possible de s’aider avec des médicaments : acétaminophène et ibuprofène, mais aussi avec des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), qui sont en fait des antidépresseurs. Avant de grimper dans les rideaux en pensant que t’as besoin de pilules, assure-toi de consulter un spécialiste.  Parce qu’il y a plusieurs solutions possibles. Et que personne n’est pareil!

Au final, ce qui est important de se rappeler, c’est que dès que ces symptômes surviennent, faut s’atteler! Prépare la Diva Cup, les Advils, le sac magique, les palettes de chocolat, la doudou, les bobettes de menstrue pis le linge mou… le déluge s’en vient!

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2 réflexions sur “Apprivoiser son SPM et se lier d’amitié avec ses hormones

  1. Je n’ai pas le bonheur de vivre tout cela à chaque mois, mais je compatis. Reste que ça me donne à moi aussi le goût d’essayer de tremper mes chips BBQ dans le yogourt aux fraises, juste pour voir ! ; )

    Aimé par 1 personne

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