Être une femme, en 2016, ça veut dire quoi?

Il y a quelques jours, on célébrait la journée internationale des femmes. Pendant une journée, on souligne le travail de toutes les femmes. Celui qui a été fait avec acharnement hier, mais aussi celui qui persiste aujourd’hui. Et celui qui se fera demain. Parce que ce travail, il est sans fin.

Après avoir écrit un billet chez Les inspirés, et un petit mot partagé pour le projet Nous sommes féministes, je me suis dit qu’il fallait bien entendu souligner le travail des Jeunes adultes responsables! Je me suis questionnée beaucoup. J’ai parlé, discuté et échangé avec beaucoup de gens… vraiment toutes sortes de gens. J’avais besoin de comprendre ce que signifie être femme, en 2016. Pour cela, faut comparer avec hier. Et se fixer des objectifs pour demain.

Y’a cette odeur acariâtre qui plane depuis quelques semaines, maintenant. Je ne reviendrai pas sur le billet de blogue de cette mère qui dit que les adultes «sans enfants» lui doivent quelque chose. (Paraît que c’était une joke. Genre… lol?) Et je ne reviendrai pas non plus sur les propos de notre ministre de la Condition féminine. (En tant qu’ancienne fonctionnaire, j’utilise mon droit de « j’me ferme la gueule » sur ce qui se passe dans le milieu politique.) Seulement, je trouve que le mot «féminisme» n’est malheureusement pas bien reçu, pas bien vu, et encore moins bien compris.

Parce que je pense qu’en 2016, t’as pas vraiment le choix d’être féministe.

Si aujourd’hui, certaines préfèrent dire qu’elles sont égalitaires, c’est parce qu’elles ont oublié une partie de notre histoire. Voyez, c’est qu’on a la chance d’avoir eu une trallée de femmes qui ont travaillé très très fort pour nous. Pendant de très très longues années. Et ces années de travail, il ne faut surtout pas les oublier. On est chanceuses, il faut s’en rappeler et ça veut aussi dire qu’il ne faut pas arrêter là.

Vivre en 1940, je serais mariée depuis au moins 10 ans, et j’en serais à mon 12e flo. (Parce que, ouais, c’est certain que j’aurais eu une couple de jumeaux dans tout ça…) Le curé trouverait le moyen de venir me gosser à la maison le dimanche matin. Me sermonner en s’époumonant sur l’importance de faire mon devoir de femme : enfanter, pis concocter le meilleur jambon de Pâques de l’univers. Vivre en 1950, j’aurais eu droit à des cours de bonne conduite de ménagère. Pour m’enseigner à être belle et à me taire quand mon mari rentre à la maison le soir. Parce que sa journée au travail aurait été dure (d’un dur que je ne peux pas comprendre), et qu’il ne faudrait surtout pas l’embêter avec mes histoires de femme. (Bon, je paraphrase grossièrement, hein! Mon exposé oral n’a pas comme sujet principal la vie des femmes au temps de Duplessis ou encore de l’avènement des banlieues, des machines à laver à moteur électriques et de la surconsommation de Prozac chez les femmes au foyer à l’époque.)

Mais reste que… on est chanceuses, en 2016. Je n’aime pas utiliser ce terme. «Chanceuse». Mais c’est vrai. Et c’est signe qu’il y a encore beaucoup de travail, d’éducation et de conscientisation à faire. Parce que pour certaines, même encore aujourd’hui, la vie n’est pas toute rose. Si y’a encore des femmes qui se font lapider, brûler le visage à l’acide et vendre, c’est qu’on a encore besoin du féminisme. Si j’étais née dans un autre pays, on m’aurait mariée de force vers l’âge de 12 ans, à un homme de 30 ans plus vieux que moi. Et j’aurais probablement des enfants depuis l’âge de 14 ans. Je n’aurais pas eu accès à l’université, ni même à l’école. Ouais. Je me compte chanceuse, malgré tout.

Définition personnelle, définition de groupe

J’ai demandé à mes amis, sur les Interwebs, c’était quoi, pour eux, être une femme en 2016. Leurs réponses étaient toutes belles. Toutes bonnes. Toutes inspirantes. D’une grande force et d’une grande douceur à la fois. Comme un roseau qui se berce dans le vent. Parce que j’ai l’impression que c’est ça, être une femme en 2016 : Savoir se laisser bercer par ce que la vie nous amène, tout en restant ancrée, droite et fière.

  • «Foncer avec fierté, les yeux brillants, les cheveux dans le vent, et n’avoir peur de rien.»
  • «Pouvoir foncer dans sa carrière et avoir de l’ambition sans être une bitch pas d’émotions avec de grosses épaulettes. (Comme dans les années 80.)»
  • «Se tenir debout encore et encore.»
  • «Se poser la question, justement, sans trop trouver la réponse, puis finalement s’efforcer à juste être humaine. Parmi d’autres humains.»
  • «Ne pas tenter de se montrer meilleure que les autres en les rabaissant dans leurs différences, mais célébrer la variété de nos points de vue et façons d’être.»
  • «Ça veut dire être soi-même et ne pas se laisser dicter sa conduite ou ses rêves par quiconque qui prétend qu’être une femme, ça devrait être ceci ou cela.»

Pour moi, être une femme en 2016, c’est pouvoir m’affirmer sans complexe. C’est être fière de ce que je suis devenue. C’est pouvoir tenir tête à un homme sans qu’on me traite d’hystérique ou qu’on me demande en blague si je suis SPM. C’est savoir qu’à mon travail, mon opinion a une valeur. C’est partager ma vie avec un homme qui sera intéressé par tout ce que je suis, au complet. Qui ne voudra pas me changer. C’est avoir une voix et être en mesure de la partager, de la faire entendre. Pour permettre à d’autres de se sentir bien, importantes, comprises. C’est célébrer qui l’on est. S’accepter telles que nous sommes. C’est se respecter avant tout.

Les femmes qui sont dans ma vie, aujourd’hui, sont des femmes d’affaires qui réussissent, des conjointes qui sont soutenues et écoutées, des mères qui ont leur famille à coeur, des mentors qui donnent de leur temps aux autres, des chefs d’équipe et des directrices qui soutiennent leurs employés. Elles ont plusieurs chapeaux, elles jonglent avec de nombreux rôles. Elles sont fortes, elles sont belles, elles sont indispensables.

Donc oui, je suis féministe. Parce que j’admire celles qui se sont levées avant ma venue au monde. Parce que je peux, moi, de me tenir droite aujourd’hui. (Et sentir qu’avoir des ovaires n’est pas un handicap.) Parce que je rêve que mon enfant puisse être droite et fière, elle aussi.

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