Accepter que la vie change… mais pas vraiment

Samedi dernier, j’ai loué une voiture et je suis partie en direction de sweet beautilful St-Hyacinthe pour visiter une amie qui a mis, il y a deux petits mois déjà, une magnifique petite fille. Rose (de son prénom) Marie-Claire (de son nom de baptême) est née un mercredi. Vous n’imaginez pas la fierté, l’excitation et l’amour que je peux éprouver pour ce petit être superhéros du mercredi. Pourtant, c’est bien le 10e bébé de mon entourage. Je devrais être habituée! Mais chaque fois, c’est fantastique de savoir qu’une amie ou qu’une cousine construit son arbre de vie.

Voilà donc que samedi dernier, sur l’A-20, je m’en allais à un souper de filles avec les « chicks de l’université ». (On n’utilisait pas le terme « chicks », mais je me suis promis de pas utiliser trop de mots vulgaires…) Un souper comme on en faisait avant, mais pas vraiment. Parce qu’on n’a plus 20 ans. Ça fait 8 ans qu’on se connait un peu pas mal par cœur. Mais ça fait aussi 4 ans que nos vies ont pris des chemins un peu différents. On a changé. Un souper avec deux nouvelles mamans. Je suis devenue un peu inquiète, au moment de prendre la sortie pour Granby…

Être une Jeune adulte responsable, c’est accepter le changement. En fait… non… être un humain, c’est faire face aux changements constamment. Être une Jeune adulte responsable, c’est savoir s’adapter au changement. Voilà. Je crois.

Passer les étapes

Comme plusieurs, j’ai quitté le nid familial pour aller étudier à 2 h 30 de mon monde. Quand on déménage sa vie pour un temps déterminé (ici c’était 4 ans), l’univers dans lequel on transite devient une espèce de faille spatio-temporelle. Les liens qui sont tissés avec les gens que l’on rencontre à l’université (ou au cégep), sont d’une étrange solidité. Les collègues de classe deviennent les colocs, les voisins, les confidents, les grands frères, les grandes sœurs, les chums, les blondes : ils sont une extension de notre famille.

La minute que les études se terminent, chacun reprend son chemin : certains restent, d’autres retournent au bercail où Tendre-Moitié attendait patiemment, ou encore, vont squatter chez papa-maman, le temps de se placer. Quelques-uns quittaient pour une ville qui n’était pas encore la leur, ou partaient pour de nouvelles aventures. Chacun se disperse, chacun part faire sa vie. Moi, je laissais copain à la maison et quittais pour Paris, visa de travail en main.

Le temps et la distance faisant ce qu’ils font de mieux, les amis qu’on voyait quotidiennement, ceux-là qui connaissaient nos moindres faits et gestes, sont rendus à l’autre bout du monde. On se voit moins, on s’appelle moins. Certaines relations s’effritent sans même qu’on le veuille. On manque de temps, c’est tout. On grandit.

Grandir ça fait peur, quand on ne se sent pas encore tout à fait grand

Y’a deux ans, ce genre de soirée m’aurait fait paniquer. Parler de gerçures de mamelons avec des nouvelles mères qui vont te raconter mille fois la même histoire que leur bébé a dit « papa » dans sa bassinette un soir. Toi, tu cales ton verre de vin encore plus vite. Pis tu finis par ressembler à Miranda Hart là-dedans. Parce que t’as un peu honte de pas être rendue à la même place, pis t’es surtout hantée par l’angoisse de savoir si toi aussi, un jour, tu vas avoir la chance de parler de TA famille. C’est ça. Toi, y te manque encore une couple de monde dans ta mini-fourgonnette sur la planche du jeu LIFE.

Aujourd’hui, c’est autre chose. J’avais hâte d’arriver et de les voir pour qu’elles me racontent leur vie. Mais je vais l’avouer, j’étais un peu stressée de leur raconter MA vie. Leur annoncer quoi? Que je vis encore des changements? Encore des questionnements? Pendant qu’elles, elles avancent? La peur de ne plus fitter avec elles, parce que je ne suis pas à la même place.

Les mêmes feelings, juste plus matures

Mais non. Y’a rien de ça qui s’est produit. Et j’ai réalisé que, c’est exactement comme à l’université. Sauf qu’on est 5 autour de la table au lieu de 35 et qu’on a le temps de se parler pour vrai. On se raconte nos coups de cœur coup de masse du dernier mois. On se voit 4 fois par année, pas 4 fois dans une journée. Mais on s’aime autant. Pis on se fait des petites pointes sur le fait qu’on se connait depuis 8 ans (une chance que Facebook est là pour nous le rappeler). Pis on capote un peu que ça fasse 8 ans, DÉJÀ. Repasser tous les éléments marquants, tout le chemin qu’on a parcouru depuis la fois où on était déguisées en Ninja Turtles à notre initiation. Découvrir à quel point on a travaillé sur nous-mêmes, comment nos vies ont évolué. Comment ça a changé.

Nos travaux et nos implications universitaires ont été remplacés par nos jobs… et nos implications. « Fac cette année, MC (ça c’est moi), tu t’es encore impliquée dans 25 000 projets beaucoup trop intensément? » « Euh… ouin! »

Nos bouteilles de Nicolas Laloux ont été remplacées par du vin qui coûte plus que 15$ et qui ne s’achète pas dans un dépanneur. « Voulez-vous plus d’eau? » J’ai quand même réussit à faire une puck sur le plafond en ouvrant la bouteille de cidre pétillant!

Nos conversations de gars, de chums et de dates sont encore les mêmes. Une s’insurge avec autant de passion qu’elle le faisait avant et s’en excuse. « Ça va, on te connait. Pis on est là pour ça! » Et on me pose les mêmes questions quand je parle du dernier gars que j’ai rencontré : « Est-ce que c’est un roux qui cale? »

On a ajouté des conversations de bébés, mais on reste aussi lady qu’on l’était avant! « Man! Pouvez-vous croire que ÇA, c’est sorti de mon vagin? »

On continue à réfléchir et à agir de la même façon. Simplement, comme une belle amie me disait cette semaine; on est juste plus outillées qu’avant! Pis entre deux jokes de pen, on prend la petite dans nos bras, on lui flatte le bedon, elle nous sourit, on devient gaga devant ce si magnifique sourire et la magie que peut apporter un enfant.

Nos vies changent, mais, nous, on change pas vraiment. Pis même si on ne se voit plus autant qu’avant… l’important, c’est de savoir qu’on s’aime toujours autant.

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