Être la seule « tu-seule », c’est pas si pire

Je ne voulais pas m’attarder à ce sujet tout de suite, mais bon! Les choses on fait en sorte que si. Parce qu’on le veuille ou non, l’amour prend beaucoup de place dans la vie d’une Jeune adulte responsable. La semaine dernière, une belle amie m’écrit pour me demander conseil. Je paraphrase un peu, mais en gros ça ressemblait à ça :

« Salut M-C,

Juste de même, c’est quoi ton truc pour continuer d’avancer même quand t’es rendue au point où tu crois que tu vas finir ta vie seule? J’arrive d’un shower, pis crime! À notre âge, soit t’es enceinte, soit t’es en couple solide… J’en ai vraiment marre d’être l’étrange encore célibataire. »

Doux Jésus! Je sais que je suis une Jeune adulte responsable modèle *tousse tousse*… mais moi? Devenir Love Coach?

La situation est beaucoup trop fréquente, on l’a toutes vécue :

Souper de filles avec des amies de l’université, d’enfance ou du bureau. À un certain moment, tu réalises que tu es la seule célibataire du groupe. Habituellement, ça se passe quand la discussion tourne autour de quelque chose dont tu te câlisses qui, pour toi, est fichtrement banal. Pis tu comprends juste pas pourquoi Julie capote sa vie en disant, comme si c’était la pire catastrophe du monde, cette chose pourtant si niaise à tes yeux : « Ça me gosse! Mathieu laisse toujours traîner ses bas dans le corridor ou ben dans le coin de la chambre. » (Fait vécu pour ma part, je vous jure, avec des amies du secondaire que j’avais pas vues depuis 6 ans. Mon chum de l’époque était à l’autre bout du monde pis on vivait à distance depuis 5 mois. Genre, hormones dans le tapis, pis juste envie de me rouler dans ses bas sales pour se rappeler son odeur!) BANG! Ça commence! Chacune y va de ses histoires. « Y range pas la vaisselle comme j’aime… », « Il sépare pas les couleurs comme il faut… », « Mais le pire, c’est vraiment ses bas! »

Pendant ce temps, toi, t’es en train de les manger, tes bas. Ton chum qui existe pas encore, il pourrait les laisser dans le congélateur, que ça te dérangerait même pas, tellement t’as hâte de partager ta vie avec lui. Tu regardes tes amies, pis tout ce que tu souhaiterais, c’est d’être dans un épisode de RAMDAM pour te lever, garrocher la table par terre, pis les engueuler : « Sérieux, c’est tu juste ça vos problèmes dans la vie? Une paire de bas sales qui traînent? Vous savez TEEEEELLEMENT pas à quel point vous êtes chanceuses d’avoir quelqu’un à côté de vous tous les jours de votre vie, qui vous aide, avec tout ça! Moi, la première personne à qui je dis allô, le matin, c’est le chauffeur d’autobus. ÇA, c’est poche. Vous voulez qu’on en jase? »

Reste donc que ma belle amie, ce qu’elle ressent, je l’ai déjà ressenti. Pis j’ai des rechutes quelques fois, mais tsé, même pas assez pour être digne figurante dans RAMDAM. Pis sais-tu quoi? C’est normal. C’est légitime. Tu as le droit, des fois, de te sentir comme un vieux fromage en grain jauni qui a perdu son squick et dont plus personne ne veut. On a toutes déjà vécu ça. Avec un brin de mélancolie, de cœur brisé, de rêve effacé, de désespoir et de pensées du genre : «  Voyons câline, qu’essé qui va pas avec moi? », de « Pourquoi elle pis pas moi? Je suis ben plussse belle, me semble! », pis de « J’vais finir vieille fille, je rentre chez les sœurs, je vire lesbienne, je commence ma collection de chats ! »

Heille! Wô! Menute papillon!

C’est correct de pas feeler pis de pleurer en boule, sur ton divan, en regardant He’s Just Not That Into You pis en mangeant de la crème glacée extra pâte à biscuit crute. T’as le droit. Mais de grâce, n’oublies pas qu’il y a tellement plus dans la vie. Que du monde qui t’aime, y’en a une pelletée autour de toi qui attendent juste que tu leur donnes un peu de ton temps. Je lui ai donc listé quelques trucs à faire, quand le down du célibat peut s’emparer de nous :

  1. Je pleure ma vie en écoutant un film de fille pis en mangeant trop de sucre.
  2. Je pleure ma vie avec une bouteille de vin pis du fromage.
  3. Je texte mon ex/le dernier gars sur qui j’ai tripé (après la bouteille de vin) pour lui dire à quel point je l’aime encore. (Même si c’est pas vraiment vrai.)
  4. Je vais m’acheter pour l’équivalent d’un mois de loyer en lingerie trop belle juste pour moi. (On appelle ça du bonheur en canne. Je t’en rejase une autre fois.)
  5. Je pogne le prochain dude qui s’intéresse à moi et je m’assure qu’il me brise le cœur le mois suivant.
  6. Je songe à l’idée de m’acheter des chats. (Cliché, mais bon, c’est plus facile flatter un chat qu’un poisson…)
  7. J’appelle une adorable amie célibataire pour qu’on aille en jaser dans un endroit hip et branché où l’on pourra boire du vino dans des grosses coupes pis s’habiller belles. (Avec, en dessous, la lingerie trop belle qui coûte trop cher.)
  8. Je m’entraîne, je fais du bateau dragon, je m’implique, je crée, je lance un blogue, je m’entoure de gens fantastiques pis je réalise ensuite que je suis pas pire pentoute, que j’ai de l’ambition, une vie et que, surtout, j’ai pas besoin d’un gars pour me dire à quel point je suis awsome.
  9. Je fais ma vie, pis au moment où je m’y attendrai le moins, je vais m’enfarger dans les pieds d’un beau gars qui sera timé avec moi. (Idéalement, il faudra qu’il cale, qu’il ait une BD à la main et qu’il m’invite à regarder un film de Ewok. Ouin, je sais… mes amis aussi trouvent que j’ai des goûts étranges.)

C’est la faute au timing. Le timing, c’est une grosse vache

J’arrête pas de le dire : quand on devient Jeune adulte responsable, les étapes s’enchaînent. L’affaire, c’est qu’on ne va pas tous à la même vitesse, ni au même rythme. C’est là qu’il faut se rappeler les règles : ne pas se comparer. On ne fait pas tous les mêmes choix. Clash de réalité. Capote pas. Ça arrive. Ne leur en veux pas. Elles ne font pas exprès, c’est ce qu’elles vivent en ce moment. Parce que quand ça va t’arriver, toi, tu risques fort de chialer sur sa vieille paire de bobettes qui traîne. Pis ça va être normal. (Une fois là, tes amies vont parler de régurgi de bébé. Ce sera autre chose, c’est tout. C’est ça la vie, ça a l’air.)

Mais, surtout, si tu attends après quelqu’un pour être heureux, c’est possible que tu attendes longtemps. Ça fait que avance, pis continue de faire ce qui te plait. Ce qui te fait vivre. Ce qui te rend heureux. N’attends pas après quelqu’un pour te sentir bien. Forge ton bonheur, le reste va suivre par lui-même.

La personne qui est supposée fitter va arriver dans ta face, sans que tu t’en aperçoives. Un mercredi, fort probablement. Parce qu’être en couple, ça se fait à deux, cette affaire-là.

Cet après-midi, mon amie m’a réécrit : « En passant, ça va pas mal mieux. J’ai repris le dessus sur mes émotions et je suis de nouveau d’attaque avec un espoir en l’avenir à tout casser! 🙂 Vive le bateau, le training et les amis qui chantent autour d’un feu! »

Pis tsé, t’es jeune, encore. T’as encore le temps. Presse-toi pas, ça va arriver quand ça va arriver…. Pis toutes les autres affaires poches que les gens en couple te disent. Mais sais-tu quoi, ils ont raison. Parce que eux, ils envient le fait que tu puisses laisser traîner tes bas par terre sans déranger personne. 😉

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Une réflexion sur “Être la seule « tu-seule », c’est pas si pire

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