Survivre à Juillet ou comment savoir mettre les breaks

On est le 1er juillet. Y mouille. Je suis en vacances. Le seul cadran qui gère mon horaire, en est un interne. Je lui ai pratiquement tout délégué; je n’ai pas envie de prendre de décision. C’est lui qui détermine si j’ai faim, ou pas; si j’ai envie de pipi, ou pas et si je m’endors, ou pas. Je prends un break de la vie. Mais reste que, c’est mercredi pis j’ai devoir de te raconter quelque chose. J’ai mille idées en tête qui se bousculent… pis je me demande laquelle est plus pressante, laquelle ne peut pas attendre, laquelle pourrait être reportée, laquelle m’inspire vraiment. J’en suis à mon millième allongé, au Quartier général (ça, si tu ne me connais pas encore, ça se traduit par l’adorable café le Renard et la chouette, où j’abuse d’aller), puis je tombe dans la lune en regardant les passants qui se font mouiller sur St-Vallier. C’est comme un semblant de syndrôme de page blanche à l’envers. Par quoi je commence? Qu’est-ce qu’on raconte, aujourd’hui? J’ai des envies d’écriture de femme enceinte. Un peu comme une envie de cornichon trempé dans la glace à la fraise, mais sur un clavier d’ordinateur. Bref, je pense que j’ai bien réussi ma mission de me la couler douce, parce que mon cerveau est rendu mou. Je cherchais ce qui serait pertinent à te raconter en ce début de juillet, festival de « la vacance». Une ode au mois de juillet! Je pique un peu l’idée à mon amie Val qui, sur son blogue, avait commencé à publier des textes à thématique mensuelle (pas de t). Elle nous avait même invité à participé. J’en avais fait un sur avril et un sur novembre. (Je les plogue, parce qu’en les relisant, je trouve qu’ils ont un certain lien avec le GPS et les gros questionnements de vie.) 

Cette semaine j’ai pris le temps de respirer l’air, de regarder les fleurs, de lire un livre, de passer des journées à l’extérieur et de me promener pieds nus dans l’herbe. En discutant avec des amis, j’ai réalisé une chose importante des conséquences du devenir un adulte responsable :

L’art de ne rien faire est devenu un luxe.

Tu penses que je capote? Alors dis moi, c’est quand la dernière fois que tu t’es permis de te reposer, autre que pour cause de maladie? C’est quand, la dernière fois que tu as lu un livre pour le plaisir? Même chose pour le cinéma! As-tu regardé un film récemment? C’est quand, la dernière fois que tu as paressé jusqu’à tard, dans ton lit un samedi matin? C’est ça. Moi non plus, je ne m’en souvenais plus. Pis ça m’a poppé quand mon collègue T-Bone (on a vraiment des surnoms cools au bureau) m’a texté ceci aujourd’hui, histoire de savoir si je profitais des vacances :

Rien faire, c’est productif en criff!

Il avait pas écrit «criff», mais tsé, c’est un professionnel et un jeune papa en plus de ça, je voudrais pas nuire à sa réputation de Big Dog. Reste qu’il a raison. Rien faire, ce n’est jamais rien faire. C’est se permettre un répit (tsé, celui que Mélanie n’avait pas), pour recharger les batteries. On s’en rappelle, c’est une question d’équilibre. T’as besoin d’un break, pour revenir plus fort ensuite. Étirer ton jus, un man’né, ça sert pu à rien. Pourquoi on se sent si mal, alors, quand on passe un moment à ne rien faire? Parce qu’on s’oblige à être über productifs. (Ou bien on croit à tort, justement, qu’être productif signifie plancher sans arrêt.)

Le risque, en devenant un adulte responsable, c’est de devenir adulte au complet et de laisser mourir son petit kid intérieur. Quand notre liste de To do et notre horaire ne font que se remplir, on n’arrive plus à voir le bout. Des rendez-vous pour ci ou pour ça, pour toi, pour tendre-moitié et même pour bébé. Tes dents, ses yeux, son auto, ton bureau. Ça n’arrête jamais. Les semaines passent sans qu’on s’en aperçoive. C’est comme si quelqu’un avait décidé de faire la pire corrélation du monde, entre ton âge pis la vitesse du temps. Plus tu vieillis, plus le temps passe vite. C’est qui le champion qui a décidé ça? Parce que j’ai pas donné mon accord, moi! Par chance, Juillet arrive pour sauver la donne. (Oui oui, Juillet avec un J majuscule.)

Juillet est synonyme de début des vacances, therefore (j’adore ce mot), de relâchement. C’est le premier vrai break que l’on se permet d’avoir, depuis des mois. Oui, il y a eu Pâques, la fête des Mères et la fête des Pères, mais on était bien trop occupés à préparer les 47 brunchs pis le déménagement imminent, que l’idée de repos n’a même pas eu la chance d’effleurer l’esprit de quiconque. Je me trompe?

Quand Juillet arrive, on met les breaks, on slaque la poulie, on se délousse la cravate, on se la joue braless pis on se shake les épaules. On mange du melon d’eau et de la crème molle trempée dans le chocolat tous les soirs. On est rendu assez grand pour aller au dep tout seul en bike pour s’acheter un Mr. Freeze géant qui tache la langue. En juillet, on se permet de retomber en enfance. C’est un peu comme Noël, mais avec BBQ et piscine qui monte pas plus haut que 78 à cause des arbres du voisin. Les journées rallongent… le temps aussi. Le stresse diminue, la vie est un peu plus comme une fête.

Reste que, Noël et juillet, c’est juste 2 fois dans l’année, où l’on a « le droit» de relaxer. Je mets des gros guillemets français en gras, en italique pis je les prends avec des pincettes, parce que je n’aime pas du tout l’idée «d’avoir le droit». Relaxer n’est pas un privilège, c’est nécessaire. Pour ton bien-être, pour ton cerveau, pour ton corps pis pour ton petit coeur. Quand on y pense, on devrait se permettre un peu (beaucoup) plus de jeunesse de Juillet dans notre vie.

Le risque, en devenant un adulte responsable, c’est devenir adulte au complet. C’est de mettre de côté la magie qui fait en sorte que c’est Juillet tous les jours. En fait, on ne survit pas à Juillet; c’est Juillet qui nous aide à survivre.

Voici donc ton devoir pour le mois : prends un break. D’une heure, d’une journée ou d’une semaine. Tu choisis. Mais prends un break. Permets-toi de respirer, de faire le vide l’espace d’un moment. De retrouver l’enfant dans ton p’tit coeur, pis de jouer à la marelle avec.

Tiens! On se gâte, même qu’on part un trend. Partage ton moment sur les Interwebs avec #gpsdejuillet. (Sur ta page Facebook, sur celle du GPS, sur Instagram.) Puis invite le monde que tu aimes à faire pareil. Un genre de donner au suivant de pause universelle. Tu sais pas quoi faire? Check ben ça :

  • danser dans la rue
  • faire la chandelle dans la piscine
  • dessiner des coeurs sur le trottoir avec des craies
  • jouer sous la pluie
  • lire un livre
  • faire un pique-nique dans un parc
  • manger un spaghetti sans ustensiles
  • faire une bataille de ballounes d’eau
  • regarder les étoiles
  • partir à l’aventure
  • dormir
  • boire une Slush Puppie framboise bleue – raisin (old school)
  • apprivoiser une sorcière (tsé, comme Mélanie)
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Une réflexion sur “Survivre à Juillet ou comment savoir mettre les breaks

  1. Les italiens ont un nom pour ça : le Dolce Far Niente (qui se traduit littéralement par « la douceur de ne rien faire », douceur dans le sens que c’est sweet de prendre un break…). Les médecins le prescrivent à leurs patients là-bas (j’en suis presque sûr !) 😉

    Parce que, qu’on le veuille ou non, avec ou sans notre accord, le temps passe. Et comme disait Einstein (peut-être pas précisément au sujet de ce qui nous préoccupe ici, mais il l’a quand même dit, tsé…), le temps est également relatif. Plus on a d’années derrière la cravate, plus chaque année additionnelle représente une plus petite fraction de la totalité de notre vécu que la précédente, ce qui nous donne l’impression que les années raccourcissent et passent plus vite en vieillissant. Bon, ok. Ma yeule, l’ingénieur « Evil » !

    P.S. « C’est comme un semblant de syndrôme de page blanche à l’envers. »… J’ADORE !! 😀

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