Règle numéro 1 : te comparer à autrui, tu ne dois point

Je dois avouer quelque chose : je capote un peu. Commencer ça fait peur. Continuer aussi. Faut rester constant, garder son équilibre. Le deuxième billet est important, car il ne doit pas devenir le second! Ma hantise en ce moment serait que cet article soit aussi inefficace que Jurassic Park II ou les Trois Ninjas II : un deuxième qui, comparé au premier film, est franchement poche. Je m’en vais où avec ça? Attends, tu vas voir.

Mais avant qu’on aille plus loin, j’aimerais qu’on puisse mettre des bases ici, toi et moi. Un élément primordial sur lequel je vais te tanner, un peu comme un vieille matante fatigante. Ça, pis juste ça, en gros, en gras et en brillant. (Je suis passée à deux doigts d’insérer un GIF animé, mais j’me suis calmée.)

Ne te compare pas aux autres. N’évalue pas ta capacité à faire X ou Y en fonction de celle des autres. Vois comment toi, jeune adulte responsable, tu peux t’améliorer. Compare-toi avec hier; pas avec le voisin.

La journée où tu appliqueras cette règle pour vrai et au complet, ton bonheur sera décuplé par mille milliards, promis juré craché. Que ce soit au travail, en amour ou dans la vie de tous les jours.

La crise du quart de siècle, celle de la trentaine et leur lot de questionnement

On a maintenant assez de bagage de vie pour s’arrêter un moment, se retourner, faire le point sur notre parcours, évaluer la chose, pis là, stresser un peu. Est-ce que je suis où je voulais/devrais être? Est-ce que je suis satisfaite de mes accomplissements? C’est-tu juste ÇA, la vie? Elle est où, la surprise? Elle est où, la pogne? What’s next?

Avec l’étape du devenir adulte responsable, tu entres inévitablement dans la phase « on se pose et commence notre vie » : maison, mariage, chien, bébé, nouvelle maison, deuxième bébé. Autour de moi, mes amies et mes cousines se marient, procréent, parlent d’achat de maison, d’hypothèque de REER et de CELI. J’ai loooongtemps eu des crises d’urticaires dans ces moments. Je m’en suis même sauvée quelques fois, prétextant que j’avais eu une grosse journée au bureau et que je devais aller évacuer tout ça avec un jogging. Pas que je sois jalouse, au contraire. Que du bonheur pour elles! Mais je ne pouvais m’empêcher de me demander si ça allait m’arriver un jour, ou si je devais commencer ma collection de chats bientôt. Je me comparais à leur bonheur, au lieu de miser sur le mien. Bien sincèrement, je ne voulais pas être rendue là, mais il manquait un morceau du puzzle, on dirait. J’attendais quelque chose. Comment je la commence, ma vie? Ben, comme tout le reste : en faisant un pas devant l’autre, finalement.

Mon référent a fait en sorte que, pendant un bon moment, je me suis sentie en retard sur les autres. À mon âge, mes parents étaient mariés, avaient déjà acheté leur première maison et ma mère venait tout juste de me popper out. J’ai 28 ans. Mettons que je peux avoir un enfant jusqu’à max 38 ans, il m’en reste 10. Mettons que j’en veux plus qu’un et que je ne veux pas miser à 100% sur le fait que je risque très fortement d’avoir des jumeaux (merci grand-maman pour la génétique), il faudrait que j’aie le premier à 36 ans. Pis mettons que je veux passer minimum 4 ans de vie de couple avant de fonder une famille, ça me laisse jusqu’à 32 ans avant que l’homme de ma vie pis moi on soit timés et qu’on se croise à l’épicerie devant les aubergines. (Non mais, t’imagines la belle histoire d’amour que ça ferait!) Quatre ans. Pression inutile, tu dis? Mets-en!

J’habite dans un 3 et demi, j’ai acheté mon divan à imprimé papillons sur Kijiji. La fois où j’ai daté un gars qui voulait payer 2 000$ pour une table de salon chez Artemano, j’avais l’impression d’être encore une étudiante, de ne pas être à la bonne place. Est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne? Non. On n’avait tout simplement pas les mêmes priorités. Pour moi, 2 000$, c’est 2 billets d’avion. (Ou beaucoup de matériel pour te la gosser toi-même, ta table!) Pis tsé, Big Georgia est pas pire confo dans son rôle de divan vintage de chalet. La première fois que mon bébé frère est entré chez moi, il s’est assis, a regardé autour de lui et a dit quelque chose comme : « Ouin, c’est vraiment un appart de Marie-Claire, ça! » Il ne le sait pas, mais il a fait ma semaine, cette journée-là.

Aujourd’hui, j’en suis bien revenue de tout ça. Je sais que mon bonheur attirera la bonne personne qui voudra gosser des tables de salon en voyage avec moi. Quand ça arrivera. On va laisser faire les calculs de pleine lune.

Sauver le monde, un mot à la fois

Reste que, se comparer, on le fait un peu naturellement. À l’école, il fallait que mes notes soient au-dessus de la moyenne. J’étais une semi-bolée de classe, alors ça allait. Sauf en math. Les maudites math fortes de secondaire 5 que j’ai finies avec pas de plaisir. J’hésitais entre devenir physiothérapeute ou journaliste, le choix a été facile finalement.

Avec mes milliards d’activités, j’ai la chance de rencontrer des gens formidables. Des doctorants en biochimie machin, des maîtres en gestion de la patente-gugusse, des travailleurs autonomes qui font du bénévolat en marchant sur un fil de fer, à reculons, un ballon sur le nez. Je rencontre des superhéros. Quand vient le temps de me présenter, je dis « Beeen, moi je rédige du contenu de site Web », un peu à la blague, un peu en me dénigrant.

Moi, j’écris. Je ne sauve pas le monde. Est-ce que j’ai raté quelque chose? Non. Est-ce que je suis moins importante? Non. Mais la journée où j’ai décidé que mes écrits, ils pouvaient/allaient toucher les gens. Ben j’me suis sentie mieux.

Suivre son parcours

Quand j’ai trop de questionnements, quand je suis trop pressée, ma mère prend un malin plaisir à me rappeler à quel point je suis chanceuse. D’avoir autant voyagé, d’avoir autant expérimenté. Je suis comme ça; j’ai besoin de ça pour comprendre la vie. Si j’avais fait comme tout le monde, si j’étais entrée dans le moule qu’on nous façonne à l’école, je n’aurais pas pu vivre tout ça. Aujourd’hui, je vois à quel point ma mommy, elle a raison. J’ai un REER et un CELI depuis mars… non, avril! Je ne comprends pas tout, mais tsé, je travaille ben fort encore pour devenir une adulte responsable. Ça servira à me payer un condo dans Limoilou d’ici 3-4 ans. Si je suis rendue là. Si je l’ai pas tout pris pour aller travailler un an autour du monde. On verra rendu là. (Je suis ordonnée mais un peu brouillon des fois. Je vis bien là-dedans.)

Compare-toi pas. Aide-toi à devenir une meilleure personne, même si ça prend du temps.

Compare-toi pas. Laisse-toi la chance de gravir ta montagne, pis d’être fier une fois en haut.

Compare-toi pas. Trouve ton petit rayon de soleil, pis fais-le shiner. Ben fort.

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7 réflexions sur “Règle numéro 1 : te comparer à autrui, tu ne dois point

  1. Woah! Ça « rentre dedans » quand on se reconnaît que trop bien dans vos mots. J’dois clairement apprendre à cesser cette pratique ignoble de me comparer. Je m’y mets : je dois trouver MA montagne, MON rayon de soleil!

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  2. Tu m’as fait penser au moment où je pense à la petite que j’étais à douze ans. Je m’amuse à imaginer ce que j’aurais ressenti d’avoir la chance de regarder à travers d’une petite fenêtre ma vie d’aujourd’hui. J’aime imaginer que cette petite serait fière de moi.

    Mais, moi aussi, je me compare aux autres… et c’est vrai que ça ne vaut pas la peine. Il y aura toujours des gens qui réussiront plus que nous dans certains aspects, mais nous aussi… nous aurons moins d’échecs qu’eux dans d’autres 😉

    Je t’embrasse bien fort :-*

    Aimé par 1 personne

  3. Oh boy! On se demande tout le temps si ya juste nous qui sont dans ces questionnements de jeunes vingtenaires… Ça fait du bien de constater que finalement on est différent pis pareil à la fois! Tu mets des mots sur une réalité que je vis et une vérité : chacun son chemin!

    Aimé par 1 personne

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